Dr. Feelgood
Steve Walwyn - Blues Magazine (2003)

Propos recueillis par Christian Casoni - Merci à Claude Jandin © Blues Magazine

Qui es-tu Steve ?
Quelqu’un qui habite Leamington Spa, au centre de l’Angleterre. Un guitariste qui a été influencé par Jimi Hendrix et Rory Gallagher. Avant d’appartenir aux Feelgoods, j’ai joué avec les DTs et Steve Marriott. J’ai joué avec les Hot Rods après la mort de Lee Brilleaux. J’ai également joué un temps avec le groupe de Roger Chapman.

Dr Feelgood sera-t-il ta dernière expérience ?
Que veux-tu répondre à ça ?

On te surnomme la tornade. C’est amplement mérité…
Là encore ce n’est pas à moi de le lire… Mais probablement ! En tout cas j’éprouve autant de plaisir à prendre la rythmique que le lead.

Comment s’est passé ton intronisation chez Feelgood ?
Je connaissais tout le monde depuis plusieurs années déjà, et ce fut relativement facile de prendre place parmi eux. J’espère que la presse et le public m’ont accepté aussi volontiers. Dr Feelgood a toujours survécu à ses changements de personnels. Le groupe a su rester honnête envers lui-même et surtout, et sauvegarder le principal ; la réputation d’être un bon groupe de scène.

Dites nous quelques mots de Lee Brilleaux…
Lee avait énormément de talent. Il était drôle, intelligent et de très bonne compagnie. Il possédait une grosse érudition pour ce qui touche au Blues et aux Bluesmen. D’ailleurs c’était un homme instruit qui faisait également autorité sur le chapitre de la gastronomie et des boissons. J’éprouvais beaucoup d’amitié pour lui. J’y pense très souvent.

Dans quelles circonstances vous a-t-il fait part de sa maladie ?
On était en train d’enregistrer "The Feelgood Factor" aux studios de Monnow Valley, près de Manmouth. Lee passait des examens médicaux en même temps. Quand je pense à ce qu’il a enduré pendant ces sessions, je trouve qu’il a fait un boulot absolument incroyable sur cet album.

Qu’est-ce qui clochait avec Pete gage et peux-tu nous présenter votre chanteur Robert Kane ?
Pete Gage a préféré retourner à son ancien métier (psychologue). Quant à Robert Kane, il vient de Sunderland au nord-est de l’Angleterre. Avant de se joindre à nous, il chantait avec les Animals.

Un cheminement logique unit-il les différents guitaristes qui ont jour pour Feelgood, de Wilko le ténébreux à Steve le lumineux ?
Je ne sais pas vraiment quoi répondre à une question pareille… Je pense que les cinq guitaristes de Feelgood ont tous apporté quelque chose au groupe. Pas seulement les guitaristes d’ailleurs. J’aime vraiment tous les musiciens qui ont fait vivre Feelgood, et pour tout un tas de raisons différentes. Tous ceux qui ont joué avec ce groupe à un moment ou un autre ont cœur de participer à ce concert annuel que nous organisons en souvenir de Lee… Dans la mesure de leurs emplois du temps bien sur. Ainsi Wilko Johnson est contacté pour chaque Memorial, mais ses engagements ne lui permettent pas d’être toujours présent. Pour ma part, je n’en ai pas manqué un seul. Je ne pense pas me tromper en prétendant être le seul de la bande à les avoir tous faits.


Est-ce difficile de reprendre à son compte des standards écrits par d’autres, le "Back In The Night" de Wilko, le "Milk And Alcohol"de Gypie ?
Pas du tout. La seule chose qui compte c’est de ne pas trahir l’esprit. D’ailleurs les chansons que je préfère chez Feelgood, c’est "I Can Tell" et "Down At The Doctors".

L’héritage de Wilko Johnson est-il lourd à porter ?
Son héritage est-il lourd à porter ? Ce n‘est pas une question que je me pose trop souvent !

Dr Feelgood est le groupe d’un seul guitariste. Mieux : d’une seule Telecaster. Pourquoi ce fétichisme ?
La Telecaster a toujours représenté à mes yeux LA guitare électrique. La simplicité du design, ce son direct qui n’appartient qu’à elle conviennent parfaitement à ma façon de jouer. A mon sens, aucune autre guitare ne peut s’aligner avec une Telecaster. Ma Telecaster 1967 fut la première vraie guitare que je me suis offerte. Elle reste celle que je sangle sans même y penser, bien qu’aujourd’hui j’en possède des tas d’autres. Même si un jour je finissais par en avoir marre, les membres du groupe ne m’autoriseraient jamais à déballer une autre guitare que cette Telecaster là !

Avec le temps Dr Feelgood est devenu une véritable marque déposée, non ?
La griffe Feelgood, c’est une basse, une batterie, une guitare, une voix et un coup d’harmonica de en temps… Direct, sans aucuns chichis R&B. Pour preuve : Beaucoup de gens reconnaissent que leur première inspiration musicale, c’était Dr Feelgood.

Es-tu vigilant à la production des albums ?
Evidemment. On veut surtout obtenir le son le plus simple, le plus direct et le plus naturel possible. Quant aux compositions, tout le monde s’y met.

Comment vois-tu l’avenir du groupe ?
Si seulement je pouvais le lire dans une boule de cristal ! Je suppose qu’on va continuer à monter sur scène aussi longtemps qu’un public voudra bien se déplacer pour nous regarder jouer. Je contemple le futur d’un œil très positif et enthousiaste. Actuellement, nous sommes en train d’enregistrer un album live saisi sur différentes scènes européennes. Nous avons quasiment tourné dans tous les pays du Vieux continent. Il y a peu, nous avons même joué au Japon ou le groupe a toujours trouvé une oreille attentive. Dr Feelgood suscite également un certain intérêt aux Etats-Unis maintenant. Cependant une tournée là bas ne serait pas financièrement viable à cause des distances. Mais si on trace un bilan sur l’année, la majorité de nos concerts sont donnés au Royaume-Unis… pour des raisons évidentes ! Rien que durant l’hiver 2001, nous avons enfilé 40 dates à la suite à travers le pays. Et je ne pourrais pas te préciser sous quelle latitude nous réalisons les meilleures ventes.

Avez-vous récemment tourné avec d’autres groupes ?
Tu te doutes bien que notre route croise celle d’une foule d’autres gens. Récemment nous avons tourné avec Nine Below Zero en France. D’ailleurs nous avons d’excellentes relations avec les autres groupes de la scène pub. Nous jouons de temps en temps avec les Inmates, Nine Below Zero et les Hot Rods. Ce sont des amis à nous ! tu emploies le terme Pub-Rock, mais j’ai l’impression qu’en France il désigne quelque chose de beaucoup plus global qu’ici, au Royaume-Uni. D’ailleurs je pense que rien n’est vraiment comparable au Pub-Rock britannique, pas même les juke joints… même si on put toujours leur trouver des points communs.

Dirais-tu que Feelgood est resté un groupe de Pub-Rock ?
Je suppose qu’on peut le dire, effectivement.

Même Dee Dee Ramones a ressenti le besoin de jouer du Blues après avoir quitté son groupe. Le Blues reste-t-il cette référence vers laquelle on revient toujours une fois passée la démangeaison adolescente que pourrait être le Rock’n’Roll ?
Quand j’étais jeune, j’étais plutôt attiré par la Pop-Music des Beatles. Je suis finalement venu au Blues assez tard. Mes bluesmen préférés… c’est beaucoup de monde ! Les trois King, Albert, Freddie et BB avec qui nous avons eu la chance de jouer au Luxembourg, voici quelques années. J’aime beaucoup Stevie Ray Vaughan, Albert Collins et Peter Green que j’ai pu rencontrer aussi. Rory Gallagher, bien sur. Steve Marriott est un guitariste de Blues très sous-estimé. J’ai énormément appris en jouant à ses coté. J’ai vu RL Burnside à Hambourg, c’était géant ! Pas question d’oublier non plus Elmore James, Muddy Waters ou John Lee Hooker. Et je pourrais continuer longtemps comme ça !

Comment contemples-tu ce débordement de modes et de styles qui se succèdent depuis 25 ans ?
Les musiques en dehors du Blues et du R&B, tu veux dire ? Ma foi, elles ne sont qu’une façon différente d’interpréter le Blues, mais finalement, on n’en sort jamais.

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