Dr. Feelgood
Lee Brilleaux - Le diable par la queue - Rock & Folk (1994)

Propos recueillis par Cyril Deluermoz © Rock & Folk

Au départ, il y a un excellent groupe de Rock’n’Roll qui, au fil des albums, découvre cette vérité : "Pour que ça transite au mieux et plus vite, il faut que le contenu soit à la limite de l’insignifiance". Le crash commenté par le pilote...

1975 : L'Europe occidentale subit sans sourciller le diktat d’un rock progressif mollasson distille par Yes, Genesis et Pink Floyd, Pourtant un quatuor d’irréductibles à la mine patibulaire, au cheveu court et à la routlaquette fournie, s‘apprête à creuser une brèche dans laquelle s’engouffreront les pub-rockers, les punks et la New-Wave. Pour secouer la babacoolerie ambiante, Dr Feelgood (car ce sont eux) reprend une recette déjà éprouvée dans les sixties par les Rolling Stones et les Pretty Things. Un rhythm’n’blues primaire, basique et sauvage rodé dans tout ce que le Royaume-Uni compte de bouges glauques et de pubs de bas étage. Des titres ciselés, fruit du talent hors-pair du guitariste Wilko Johnson, associés in moult reprises impertinentes, allaient placer sur orbite cette bande d’affreux. Originaire de Canvey Island, dans l’Essex, à deux pas de l’embouchure de la Tamise, ce gang d’illuminés ramait depuis l972 à contre-courant. Formé par deux ex-Roamers - The Big Figure, le batteur aux éternelles lunettes noires et John Wilkinson, alias Wilko Johnson, guitariste fantasque aux airs de Buster Keaton dont le jeu s’inspirait autant de John Lee Hooker que de Dick Taylor des Pretty Things - le groupe s’adjoint vite les services du prolissime bassiste moustachu Sparko et de Lee Brilleaux, chanteur à la voix âcre, fruit de quantités vertigineuses de gin, de bière et de Rothrnans carbonisées.

Le tout premier concert de cette inquiétante équipe a lieu en 72, dans un pub à mi-chemin entre Londres et Canvey Island. Un endroit très, très dur, fréquenté par les prolos du coin et des gitans dont le campement est voisin. Ils commencent par jouer là-bas tous les samedis soir et, le patron insistant pour qu’ils dégottent un nom, histoire de les faire figurer sur le programme, ils arrêtent leur choix sur Dr Feelgood (titre que Piano Red enregistra sous le nom de Dr Feelgood & The lntems en 62, repris plus tard par Johnny Kid & The Pirates). Nos amis étaient loin de se douter que trois ans plus tard, à la faveur de trois albums splendides sortis en moins de vingt-quatre mois, ils allaient changer la face du rock, donner ses lettres de noblesse au pub-rock et inciter, par leur attitude et la sauvagerie de leur musique, des centaines de gamins à botter le cul des rock-stars installés. Malgré le départ de trois de ses membres originaux bien-aimés. Dr Feelgood vient de fêter ses vingt ans de carrière.

Grâce a la détermination de Lee Brilleaux - l’homme aux 4 000 concerts - ce combo de légende n’a jamais jeté l’éponge, prêchant inlassablement la violente parole rock’n’rollienne aux quatre coins de la planète. De passage à Paris, Mister Brilleaux a élégamment accepté de se pencher sur l’intégralité de sa discographie, soit dix-huit (!) albums récemment réédités par New Rose, et de nous conter, à propos de chacun, quelques anecdotes. Autour d`un verre de bière, cela va de soi.

"Down By The Jetty" (1975)

Ça faisait un peu plus de deux ans que nous étions dans le circuit quand nous avons sorti ce premier album produit par Vic Maile. Andrew Lauder, qui était alors A&R chez United Artists, avait pris la décision de nous signer après nous avoir vus en concert dans un pub de Canvey. Ce qui l’embarrassait le plus avec nous c'est qu’il n’avait aucune idée de la manière de nous présenter au public. A cette époque ou le progressif et le glam triomphaient en Angleterre, il a décidé d’insister sur notre aspect brut et naturel : photo en noir et blanc prise a Canvey Island pour la pochette, enregistrement quasi-live au Rockfield Studio. Le pub-rock existait, depuis quelques années, essentiellement sous une forme live grâce à des groupes comme Duclcs Deluxe, Brinsley Schwarz. Kilburn & The High Roads ou Chilli Willi & The Red Hot Peppers.

Andrew nous a également convaincu de travailler avec Vic Maile dont la renommée ne cessait de grandir depuis qu’il avait œuvré comme ingénieur du son sur le "Live At Leeds" des Who. Pour Vic, "Down By The Jetty" représentait une étape déjà cruciale dans sa carrière car, pour la première fois, il se retrouvait dans la peau d'un producteur qui doit faire gaffe à ne pas dépasser un budget, tout en fournissant un résultat probant. Il jouait certainement bien plus gros que nous sur ce coup-là. Par contre, c’était notre idée de remixer ce premier LP en mono car nous nous étions rendus compte que la stéréo avait tendance à réduire la puissance de notre son. Vic était complètement d’ accord avec ça. Il faut reconnaitre que l’influence de Wilko Johnson était vraiment prépondérante à l’époque puisqu’il a signé pas moins des trois-quarts des titres de "Down By The Jetty" ! Et nous ne pouvions que laisser s’exprimer un compositeur capable de pondre des titres de l’acabit de "She Does It Right" ou "Roxette"...

"Malpractice" (1975)

J’avais moi-même choisi le titre, un mot utilisé pour désigner une action contraire à l’éthique de certaines professions. Quand un médecin pratique un avortement dans un pays ou il n’est pas autorisé, il commet un malpractice. Sorti la même année que "Down By The J etty", cet album en est la parfaite continuation. Une sorte de "Down By The Jetty Part H" avec, de nouveau, une pochette en noir et blanc et un son très minimaliste. Vic Maile n’en a produit qu'une partie car nous avions désormais des opinions divergentes sur la nature du son à adopter. Vic était partisan d’une approche résolument moderne alors que nous voulions rester le plus proche possible de nos racines. C’est aussi à cette époque que Wilko va réellement prendre conscience de ses immenses talents de compositeur. Est-ce le fait de l’avoir présenté à Mick Green, l’ancien guitariste de Johnny Kid & The Pirates avec qui il co-signe "Going Back Home", l'un des classiques de Dr Feelgood ? Dans la foulée, il compose "Back In The Night", le meilleur titre que nous n’ayons jamais eu à notre répertoire. On tournait énormément en Angleterre - on venait de finir le "Naughty Rythmn Tour" avec Kokomo et Chilli Willi & The Red Hot Peppers - mais aussi en France, en Espagne et en Allemagne. Le public français a tout de suite compris et adopté notre style musical et notre look. Je me rappelle notamment de notre passage au Bataclan, à Paris, qui fut l’un des sommets de la tournée "Spreading Through Europe", pour ne pas dire l'un des sommets de la carrière du groupe.

"Stupidity" (1976)

La pochette est vraiment splendide et elle illustre parfaitement l’état d’esprit qui était alors le nôtre grâce à cette photo ou nous sommes capturés, Wilko et moi, en pleine action lors d’un concert. Sur ce cliché, on peut se rendre compte que nous avions commencé à nous préoccuper de notre aspect vestimentaire. United Artists aurait préféré nous voir sortir un nouvel album studio mais il nous semblait évident que c'était déjà le moment de graver notre premier LP live. Nous avions une dimension toute autre sur ces enregistrements réalisés à Southend - à deux pas de chez nous - et à Sheffield. Du Feelgood 100% brut ! La crème de nos titres côtoyait "Stupidity" de Solomon Burke, "I’m A Man" de Bo Diddley et "Walking The Dog" de Rufus Thomas. Sans oublier une excellente version de "I’m Talking About You" de Chuck Berry. C'était une transcription très fidèle de notre répertoire puisque nous avons toujours adoré puiser dans le blues, le rock’n’roll ou le Rhythm’n’Blues. Nos détracteurs se sont tus lorsque "Stupidity" a atteint la première place des charts anglais en octobre l976 D’un coup, on est devenu de gros vendeurs de disques qui passaient à “Top Of The Pops". "Down By The Jetty" et "Malpractice" qui n’avaient pas cartonné des leur sortie, se sont révélés petit à petit de bonnes ventes.

"Sneakin’ Suspicion" (1977)

Ce quatrième album scelle la ruptu re définitive avec Wilko Johnson après que nous ayons effectué deux tournées aux USA qui n’avaient pas été de francs succès. Depuis quelques temps, sa conception du futur de Dr Feelgood s’éloignait de plus en plus de celle du reste du groupe. Ajoutez à cela que notre guitariste fétiche était alors en panne d’inspiration, ce qui le rendait acariâtre, et vous aurez une idée de l’atmosphère détestable qui régnait. Wilko était un excellent songwriter qui exigeait énormément de lui même et il s’était fixé un taux de qualité qu’il n’arrivait plus à atteindre. De ce blocage a découlé une énorme frustration qui le rendait quasiment malade. J’ai alors fait appel à Lew Lewis, qui nous a composé le titre "Lucky Seven", pensant ainsi soulager temporairement Wilko. Il est entré dans une colère noire, a refusé de jouer ce morceau puis a menacé de quitter le groupe si "Lucky Seven" apparaissait sur "Sneakin’ Suspicion". Tim Hinkley, qui assurait les claviers lors de cette session, a joué de la guitare sur "Lucky Seven" et "Hey Mama, Keep Your Big Mouth Shut" tandis que Wilko, complètement bloqué, rongeait son frein dans une pièce à côté. Quand il a annoncé son intention de nous quitter, j’ai compris que nous perdions non seulement un guitariste unique - probablement le plus doué de sa génération - mais aussi, quelque part, l’âme de Dr Feelgood. J’ai même songé à tout arrêter mais, après en avoir discuté avec Sparko et The Big Figure, nous avons décidé de continuer pour le fun et pour... faire bouillir la marmite !

"Be Seeing You" (1977)

Parle truchement d’un musicien américain qui avait assuré quelques-unes de nos premières parties avec lui, nous avons recruté John "Gypie" Mayo, un guitariste anglais dont le style n’avait rien à voir avec celui de Wilko. C’était un type extrêmement drôle et un soliste aux tendances plus rock’n’roll que Wilko. L’enregistrement de "Be Seeing You" a été l’occasion de faire une bamboula monstre avec Nick Lowe, notre producteur, qui nous avait composé l’excellent "That’s It, I Quit". On ne peut pas dire que le son soit d’une qualité irréprochable mais ça a été l’occasion d` écluser des dizaines de pintes de lager avec Nick. Du reste, la photo de la pochette est révélatrice puisqu’ elle a été prise dans notre pub préféré à Canvey Island. C'est aussi un LP ou nous faisions état de notre admiration pour la série "Le Prisonnier" dont nous étions totalement fans ("Be Seeing You" = "Bonjour Chez Vous" en français – NdlR).

"Private Practice" (1978)

On revient à quelque chose de plus sérieux avec "Private Practice" dont nous avions confié la production à Richard Gottehrer, à l’exception de "Every Kind Of Vice" enregistré sous la houlette de Martin Rushent. Gotterher étant un touche-à-tout - il s'était aussi bien occupé de Blondie que de Link Wray - il n’est pas étonnant que cet album sonne plus mainstream que ses prédécesseurs. J’entends par la plus Rock’n’Roll, moins bluesy. Après avoir été associés a la première vague du punk, il nous fallait changer car nous n’avions rien en commun avec des groupes comme

Generation X ou Siouxsie And The Banshees. Le single "Milk And Alcohol", qui était sorti à la fois en vinyl blanc et en vinyl marron pour symboliser les deux liquides, a été notre plus grand succès dans ce format puisqu' il est rentré dans le Top Ten anglais. Ce titre, co-signé par Nick Lowe et Gypie Mayo, nous a permis de conserver la Foi pendant quelques années.

"As It Happens" (1979)

On nous a souvent reproché de sortir ce second live trois ans seulement après "Stupidity". Mais "As It Happens" retranscrit encore une fois très bien toute l’énergie qui caractérisait alors les concerts de Dr Feelgood. Il faut préciser qu’à l’époque nous faisions deux cents dates par an et nous manquions cruellement de temps pour composer "As It Happens" marque aussi les retrouvailles avec Vic Maile qui a effectué un superbe travail d’ingénieur du son sur ces bandes enregistrées dans divers patelins du Royaume-Uni.

"Let It Roll" (1979)

J’ai encore chez moi ces tobby jugs a nos effigies, ces choppes de bière qu’un artisan avait spécialement réalisé a la demande de Chris, notre manager. Ca tombait bien puisque je suis un grand collectionneur de tobby jugs. J’en possède une centaine. "Let It Roll" correspond a un certain retour aux sources de Dr Feelgood puisque nous avons eu la chance de travailler avec Mike Vernon. Un grand nom de la production dans le blues puisqu’il s'était occupé de Chicken Shack, Fleetwood Mack, John Mayall, Hound Dog Taylor… Il nous inspirait beaucoup de respect et savait se montrer d’une redoutable exigence. Nous avons malgré tout éprouvé énormément de plaisir à travailler avec lui et, de la période avec Gypie Mayo, "Let It Roll" est sans doute mon album préféré.

"A Case Of The Shakes" (1980)

La pochette ou nous sommes tous les quatre coincés dans une bouteille d’alcool résume bien l’état d’esprit de "A Case Of The Shakes". Pas étonnant qu’il soit produit par Nick Lowe avec qui nous avons encore pris des murges mémorables i A peine avions-nous franchi les portes de l’Eden Studio, à Chiswick, qu'un livreur apportait douze caisses de vin que Nick avait commandées ! Avant, pendant et après les sessions, nous buvions comme des trous, sniffions de la coke, prenions des amphétamines et fumions des joints. Il ne faut cependant pas déprécier cet album que j’apprécie de plus en plus avec le recul.

"On The Job" (1981)

Encore un album live qui sera aussi notre dernière livraison pour EMI. Ils exigeaient un album par an et nous aimions autant leur fournir un disque en public de qualité. C’est aussi malheureusement notre ultime expérience avec Gypie Mayo.

"Fast Women & Slow Horses" (1983)

Lassé par les incessantes tournées, Gypie cède sa place à Johnny Guitar que je connaissais depuis l’époque ou il sévissait dans les Count Bishops, une bonne formation de pub-rock. J’ai un sentiment mitigé à propos de "Fast Women & Slow Horses" qui oscille entre haine et passion. Je déteste certains titres comme "She’s The One" que je trouve trop pop, mais j’aime énormément les titres que j’ai co-signés avec Johnny Guitar. J’aurais toujours une certaine tendresse pour ce disque qui est le dernier que Vic Maile produira pour nous avant sa mort. Vic était réellement le producteur de Dr Feelgood.

"Doctors Order" (1984)

Si Dr Feelgood a mis un peu plus de temps ct sortir celui-là, la raison en est simple : je n’avais plus de musiciens. La défection de Sparko et Big Figure, qui souhaitaient avoir une vraie vie de famille, a été terrible. J’ai pensé me lancer dans une carrière solo mais j’ai compris que j’étais Dr Feelgood. J’ai alors recruté Gordon Russell, un tout jeune guitariste qui était déjà en balance pour le poste lorsque je lui avais préféré Johnny Guitar. Puis je me suis tourné vers des gens que je connaissais : Phil Mitchell, ex-bassiste de Lew Lewis et Mickey Jupp, et le batteur Kevin Morris qui avait joué avec Trust. J’ai de nouveau fait appel à Mike Vernon qui a produit cet album de transition qui foisonne de reprises.

"Mad Man Blues" (1985)

Pas grand-chose à dire sur ce mini-LP dont quatre titres ont été enregistrés en même temps que "Doctors Order". Dix titres avant tout destinés à calmer l’impatience des fans.

"Brilleaux" (1986)

Je regrette vraiment ce titre de pseudo-album solo. C’était une idée très "marketing" de mon ami Dave Robinson, le patron de Stiff Records. Je ne pense pas non plus que reprendre "You’ve Got My Number” des Undertones ait été une bonne chose. C’est un très bon morceau qui ne convenait pas du tout Dr Feelgood. Ca a tout de même été l’occasion de bosser avec le producteur Will Birch, un vieil ami de Southend.

"Classic" (1987)

Pour être honnête, c’est le seul LP de Dr Feelgood que je regrette un peu d’avoir enregistré. C'est encore Dave Robinson qui a suggéré de faire ce disque qui ne comportait que des reprises. Certes, la version de "See You Later Alligator", produite par Dave Edmunds, a un peu marché en Europe mais on ne peut pas dire que ce soit très valorisant.

"Live In London" (1990)

Le titre parle de lui-même. En raison d’un tragique événement familial, Gordon Russell a été forcé de nous abandonner. Je n’ai eu aucun mal à convaincre Steve Walwyn, un ancien guitariste de Steve Marriott, de nous rejoindre. Il n’en était qu’â son deuxième concert avec Dr Feelgood lorsque nous avons enregistré ce live qui, je le crains, sera le dernier de notre carrière.

"Primo" (1991)

On a utilisé trois bassistes sur cet album : Phil Mitchell qui était sur le départ, Ben Donelly des Inmates et Dave Bronze, le remplaçant de Phil, qui est originaire de... Southend ! Il y a un paquet de bons titres signés Nick Lowe, Mickey Jupp ou Will Birch qui était de nouveau derrière la console.

"The Feelgood Factor" (1993)

Un album pour le plaisir. Convivial comme le pub qui orne la pochette. Avec l’expérience que j’ai acquise, je ne ressens plus de stress au moment de rentrer en studio. Je dois même avouer que j’y prends un certain plaisir...

Peu après "The Feelgood Factor", Lee Brilleaux apprenait qu’il était atteint de la maladie de Hodgkin, une forme de cancer touchant les ganglions lymphatiques. A l’issue de deux mois et demi de chimiothérapie dans un hôpital anglais, il avait perdu quinze kilos, beaucoup de cheveux et était obligé de cesser de fumer sans modération ces Rothmans bleues qu’il affectionnait tant. Cette maladie, qui n’est en rien due aux nombreux excès passés de Lee, l’empêchera dorénavant de se livrer à son occupation favorite : tourner. Mais il compte bien donner une suite à "The Feelgood Factor" en me glissant ces mots :

Si le docteur le permet...

NB : Il existe trois compilations de Dr Feelgood sorties chez EMI. Si Lee Brilleaux fait peu de cas de "Dr Feelgood Casebook" (1981) et de "Case History - The Best Of Dr Feelgood" (1987), il apprécie particulièrement "Singles-The UA Years" (1989) pour la simple et bonne raison que c’est la seule fois où l’on ait daigné le consulter pour le choix des morceaux…

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