Dr. Feelgood
Lee Brilleaux - Rock & Folk (1982)

Propos recueillis par Thierry Chatain © Rock & Folk

Lee Brilleaux est toujours un docteur (le seul à rester de la première promotion), mais de plus en plus un évêque. Traduisez, bous verrez. Pas que ses propos avec l'age finissent par prendre une onction sainte, oh non. Son lubrifiant favoris est toujours l'alcool plus que le lait. Si vous lui proposez une cigarette, il vous répondra : "Non merci, j'ai arrêter de fumer, mon toubib m'a dit que c'était la nicotine ou l'alcool, il n'y avait pas de compétition, ha ha ha !". En fait, il a tout du beauf anglais sympa, du genre qu'on a du mal à foutre dehors à l'heure de fermeture des pubs, son habitat naturel, et plus grand-chose - hors scène - d'un chanteur de Rock. Trop gentil, trop père peinard pour ça.

Comment se fait-il que The Big Figure et Sparko, la rythmique de Feelgood, soient partis d'une seul coup après dix ans de bons et loyaux services ?
Well, il y a plus d'un an, Figure m'a dit : "Ecoute, ça fait dix ans qu'on a ce groupe ensemble, mes enfants grandissent, on est vraiment un groupe de scène, on a fait deux fois le tour du monde, maintenant je voudrais le voir plus : j'ai envie de quitter le groupe d'ici deux ans". J'ai répondu : "OK". Il devait partir aux alentours de Noël qui vient. Entre-temps, Sparko est devenu un homme marié, avec toutes les responsabilités que cela implique, et il m'a semblé n'avoir plus entièrement le cœur à jour de la musique. Quand on s'est trouvé en Italie au printemps dernier, il m'a dit qu'il voulait partir. J'ai alors pensé que plutôt que Sparko parte rapidement et Figure à Noël, il valait mieux qu'ils partent ensemble, et que je refasse un nouveau groupe. Moi, je n'ai pas envie d'arrêter. Johnny Guitar était avec nous depuis un an peu près. Je lui ai demandé : "Qu'est-ce que tu faire Johnny, tu veux rester ou partir ?". Il m'a répondu : "Je veux rester, pas de problème, je connais un bon bassiste et un bon batteur". Evidemment, le départ de mes vieux copain m'attriste, mais on n'est pas fâché. Et dans un sens, Feelgood est redevenu un groupe jeune, c'est très excitant. Nous avons tourné pendant un mois en Espagne et au Portugal avec Buzz (Barwell, basse, ex-Reformer de Lew Lewis et Solid Senders de Wilko Johnson) et Pat (McMullan, ex-Count Bishops, comme Johnny Guitar), ça tourne naturellement.

Et toi, tu es resté célibataire ?
Oh non, je suis marié, mais ma femme a son propre boulot, j'ai ma carrière, et les deux n'interfèrent pas.

Figure et Sparko jouent encore sur votre nouvel album ?
Oui, on savait qu'ils étaient sur le départ, mais on a décidé de finir le projet de disque. On n'avait pas encore enregistré sur cette formation, c'est bien qu'il en reste un témoignage. Et c'est une chouette façon de dire au revoir pour Sparko et Figure.

Il y a une chanson inédite de Peter Staines, alias, Peter Gunn, des Inmates, sur l'album.
Il nous l'a envoyée sous forme de maquette, il avait entendu que nous recherchions des compositions. Les Inmates sont un excellent groupe, et ils ont comme nous travaillé avec Vic Maile, le producteur. C'est drôle comme l'histoire de tous ces groupes n'arrête pas de s'emmêler.

Vic Maile travaille beaucoup ces temps ci avec des groupes de hard comme Girlschool et Motorhead. Il est vrai que Lemmy est un grand ami de Wilko.
C'est juste, mais je suis aussi bien copain que lui. Qui ne l'est pas ? "Lend me a fiver" (prete-moi cinq sacs), c'est comme ça qu'il a dégotté son surnom. Ce qu'il y a de bien avec lui, c'est qu'il ne change pas. Maintenant, c'est "prête moi cinq cents sacs", ha ha ha.

Quel était ce type nommé Dennis Linde, qui a composé pas mal de trucs pour vous sur "Case Of The Shakes" ?
Well, Nick Lowe, nous produisait pour celui-là, et il est marié à Carlene Carter. Elles enregistrait à Nashville, et c'est à elle que ces chansons ont été proposées. Dennis Linde est un musicien de studio de Nashville, plutôt Country, mais Nick a trouvé que les chansons de lui qu'on a fini par enregistrer pouvaient sonner impeccablement arrangées façon Rhythm'n'Blues. Il avait raison.

C'est toujours difficile pour toi d'écrire des textes ? Il semble que tu ne t'y sois mis qu'après le départ de Wilko.
Wilko était très fier de ce qu'il écrivait, ses chansons lui étaient très personnelles. On l'a laissé faire, il était tellement doué. Ca m'arrangeait bien, je n'ai jamais ressenti de profonds besoins d'écrire.

Pourtant, tu penses être quelqu'un qui ne manque pas d'idées.
Bien sur, c'est le genre d'opinion qui sort du fond d'un verre de vin ou de whisky.

Mais n'étais-tu pas trotskyste dans ta jeunesse ?
Oui, j'ai été un peu trostkard, mais avec un minuscule anyway. Comme tous les jeunes gens de dix neuf/vingt ans, j'avais des sympathies pour l'extrême gauche. C'est normal. Maintenant, je suis un libéral ennuyeux, et même plutôt à droite pour certaines choses. M'enfin, pour moi la politique n'est qu'un tas de conneries ("a load of bolocks"). Je préfère m'intéresser à la musique ou aux voyages, un de mes grands plaisirs. Ou encore aller au pub, ça reste mon territoire de prédilection…

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